mardi 4 novembre 2008


















OBAMA PRÉSIDENT
Barack Obama sera le 44ème président des États-Unis.

Le 20 janvier 2009, lors de son investiture, il marquera sûrement un arrêt, un dernier arrêt avant de rejoindre la Maison-Blanche. Sur l'axe de croisement entre la Maison-Blanche et le Congrès, imaginé en son temps par un architecte français, pour marquer la séparation symbolique entre le législatif et l'exécutif, il se rendra au Mémorial érigé en l'honneur et la mémoire d'Abraham Lincoln.

Là, par sa présence, il revitalisera, si besoin est, cette journée du 28 août 1963 où Martin Luther King prononça l’un de ses discours les plus célèbres, « I have a dream », dans une Amérique où, à l'époque, des Africains-Américains étaient encore lynchés.

De cette campagne, nous retiendrons comment le candidat, attaqué sur les déclarations de son pasteur, y répondit avec une intelligence politique autant qu'historique, rédigeant un discours à la hauteur de ceux tenus à Gettysburg et à Washington par ses illustres ancêtres, Lincoln et King.

Obama aura aussi inventé une nouvelle manière de faire campagne, en mobilisant, grâce à sa liste de diffusion sur Internet, un nombre incroyable de bonnes volontés à travers tout le pays, s'obligeant ainsi à respecter, dans les quatre ans qui viennent, un tel engagement. Parmi eux, beaucoup de déclassés, de pauvres, sont redevenus des citoyens à part entière. D'autres sont tout simplement revenus à eux, après les huit années de l'ère Bush, dont le cynisme a sans doute conduit au sursaut d'aujourd'hui.

La renaissance de la démocratie américaine nous concerne tous, d'une amnière ou d'une autre, de Chicago à Paris, en passant par ce petit village du Kenya nommé Kogelo, situé à une soixantaine de kilomètres de la ville de Kisumu, où vit la grand-mère paternelle de Barack Obama.

3 commentaires:

Lyonel Kaufmann a dit…

Barack Obama n'a pas inventé une nouvelle manière de faire campagne à l'aide des médias électroniques, il a «seulement» repris et perfectionné la campagne électronique d'Howard Dean. Pour ce faire, il a d'ailleurs repris l'équipe de campagne d'Howard Dean.
De même sa stratégie de campagne face à John McCain de faire campagne dans tous les Etats plutôt que de se concentrer sur un nombre limité est également la stratégie de campagne développée en 2006 (et 2008) par Howard Dean relativement aux élections du Congrès. Stratégie critiquée alors en son temps notamment pas l'équipe Clinton. Or, cela a déjà permis de (re)créer un réseau de militant-e-s démocrates dans ses Etats. C'est une stratégie de guerre totale mise sur pied par l'opposant le plus pugnace à la Guerre en Irak dès 2004: Howard Dean.
Le grand bonhomme (mais de l'ombre) du succès démocrate de ce jour, c'est bien Howard Dean.

Christian Delage a dit…

Vous avez sans doute raison sur l'antécédence de l'usage des médias électroniques par Howard Dean et la (re)création d'un réseau de militants. Il n'en reste pas moins que le travail de l'équipe d'Obama visait beaucoup plus large que les militants. Je n'ai pas les chiffres de la composition de la liste de diffusion d'Obama et sur les donateurs, mais il est certain qu'il a touché de simples citoyens et, en particulier beaucoup de jeunes. L'augmentation du taux de participation en témoigne. Par-delà les techniques de communication, il y a de toute façon la face symbolique de sa victoire qui, en ce moment historique, me semble essentielle.

Lyonel Kaufmann a dit…

Howard Dean aussi avait touché beaucoup de jeunes et de nouveaux citoyens qui lui ont faits des dons. Il avait un trésor de campagne impressionnant qui par contre a été mal utilisé.
En plus, c'est plus dans l'organisation au quotidien que cela a ensuite pêché sur le terrain. Les militants étaient là (dont l'essentiel avait été enrôlé via le web), mais leur organisation, la stratégie de terrain étaient elles déficientes.
Tous ces éléments ont pu être analysés et corrigés pour le suivant…
La singularité d'Obama, et vous la soulignez, c'est les discours fleuves et la scénographie qui a accompagné le candidat durant ceux-ci.
La densification des usages et l'augmentation/évolution des canaux de diffusions de l'Internet ont eux démultiplié la présence et les usages initiés en 2004. C'est ici dans la maturité de l'outil qu'on peut observer des différences. Probalbement aussi qu'une plus grande part de la population dispose d'un accès et d'une habileté avec ces outils.
Je pense aussi que c'est l'appropriation de ces outils par le commun des mortels pour créer un contenu propre qui est ensuite diffusé, qui sert à appuyer, répliquer, défendre son candidat qui a été un phénomène nouveau. A ce sujet, évidemment le clip de Yes you can est emblématique (même si c'est un clip professionnel).
Enfin je pense que le perfectionnement des outils marketing a permis de produire mieux cibler en fonction de catégories d'électeurs.
L'essentiel de ces outils étaient présents (et ont été utilisés), mais en 2008 ils sont à l'âge de la maturité.